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Speech: Discours d'ouverture du Président Jean-Claude Juncker au Europa Connectivity Forum

Met dank overgenomen van J.C. (Jean-Claude) Juncker, gepubliceerd op vrijdag 27 september 2019.

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je suis, il est vrai, ravi d'être avec vous, aux côtés de mon ami le Premier ministre Shinzō Abe, pour l'ouverture de ce premier Forum européen sur la connectivité.

Merci Shinzō, d'être ici malgré un agenda intercontinental très chargé, merci pour l'excellence de notre coopération, et merci surtout pour ton amitié qui fut fidèle et qui dure au-delà de l'autopsie qui sera bientôt la mienne. A vrai dire, je n'aurais pas voulu organiser ce forum sans toi. Parce qu'ensemble nous avons accompli de grandes choses au cours des cinq dernières années, les relations entre le Japon et l'Union européenne n'ont jamais été aussi étroites et nous sommes prêts à aller encore plus loin dans notre coopération, notamment en matière de connectivité.

La connectivité, on le disait, est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Je pense en effet que la noblesse de toute action politique est de répondre aux attentes et aux préoccupations de nos concitoyens. La connectivité est un des éléments importants de la réponse à fournir aux interrogations de nos concitoyens, parce que cela bénéficie à la fois à nos peuples et à nos économies et crée de la stabilité et de la prospérité pour tous. C'est ainsi que l'Union européenne s'est construite et continue à se développer, en reliant toujours davantage les peuples européens entre eux. Oui, la connectivité est inscrite dans notre ADN européen.

Aujourd'hui, la connectivité au sein de l'Union européenne et entre l'Union européenne et le reste du monde est d'autant plus nécessaire que nous vivons dans un monde chaque jour plus interdépendant d'un point de vue économique - interdépendance entre les différentes régions du monde - et importante parce que nous sommes confrontés tous au même défi qu'il s'agisse du climat, du numérique ou des changements technologiques.

C'est la raison pour laquelle j'ai voulu qu‘au cours de mon mandat, l'Europe renforce sa coopération avec d'autres régions du monde et en particulier avec des partenaires partageant les mêmes engagements en matière de démocratie, de respect de l'Etat de droit, de liberté et de dignité humaine. Et il ne pourrait y avoir donc de meilleure illustration de cette approche que la relation fructueuse entre le Japon et l'Europe.

En dépit des milliers de kilomètres qui nous séparent, le Japon et l'Union européenne sont unis par des valeurs communes et des intérêts partagés.

C'est pourquoi nous avons décidé de mieux imbriquer, d'inter-articuler nos économies qui représentent un tiers du PIB mondial. Et nous avons créé un nouveau marché, agrandi, un marché de plus de 600 millions de personnes, en signant le premier traité commercial comportant aussi des engagements spécifiques à l'égard de l'accord de Paris sur le climat.

Ce traité - longuement négocié, négociation qui a connu ses moments difficiles - ce traité offre aux entreprises japonaises et européennes la possibilité d'accéder à de nouvelles opportunités commerciales. En Europe, cela bénéficiera, à ce jour, à quelque 74 000 entreprises et 600 000 emplois qui sont liés aux exportations vers le Japon. Et une fois que toutes les clauses de notre accord auront été appliquées, 99% des droits frappant les marchandises importées du Japon vers l'Union européenne auront disparu. Cela contribuera à augmenter la valeur de nos échanges commerciaux de près de 36 milliards d'euros.

Mais au-delà de sa dimension économique, cet accord est aussi et avant tout le symbole de la coopération entre deux grandes économies mondiales qui rejettent le protectionnisme et défendent une ouverture globale et une approche concertée.

Notre message au monde est simple : nous sommes fermement engagés à défendre — tout en l'actualisant, là où il le faut, — le système mondial fondé sur des règles. Et nous sommes prêts à travailler avec tous et avec tous nos partenaires pour y parvenir. Car il s'agit de veiller à ce que ces règles du jeu international soient adaptées à l'économie moderne et à l'économie numérique.

C'est pourquoi nous travaillons main dans la main avec le Japon pour que la nécessaire réforme de l'Organisation mondiale du commerce soit un succès et nous permette de continuer à garantir des conditions de concurrence équitables au niveau mondial.

C'est pourquoi nous avons signé avec le Japon un accord en matière de protection des données créant ainsi le plus grand espace sécurisé de circulation de données au monde. Et nous soutenons pleinement l'initiative du Premier ministre visant à faciliter la circulation transfrontalière des données entre les pays où le niveau de protection de la vie privée est particulièrement élevé.

C'est pourquoi nous avons décidé d'approfondir notre coopération avec le Japon en matière de la connectivité. Et là encore, nous sommes bien décidés, Japonais et Européens, à réussir ensemble.

Notre expérience européenne nous a appris que l'une des clés pour réussir en matière de connectivité est de suivre quelques règles de bon sens pour que la connectivité profite équitablement à tous et qu'elle nous permette d'apporter des réponses communes à des défis communs en développant des normes communes. Car connectivité et interopérabilité sont des choses qui vont ensemble!

La connectivité doit être tout d'abord viable, durable. Durable d'un point de vue écologique d'abord. Car il nous faudrait au moins 4 planètes pour maintenir notre façon actuelle de vivre, de produire et notre façon de consommer. Mais nous n'avons qu'une planète, patrie indivisible de l'humanité. Alors nous devons changer notre façon de vivre, de nous déplacer, de nous chauffer. Nous devons faire en sorte que les nouveaux réseaux de transport, les nouvelles infrastructures énergétiques et numériques participent à un monde pauvre en carbone et riche en nouvelles opportunités.

La connectivité doit aussi être durable sur un plan financier. Il s'agit de léguer aux générations à venir un monde plus interconnecté, un environnement plus propre et non pas des montagnes de dettes. Il s'agit aussi de créer plus d'interconnexions entre tous les pays à travers le monde et non pas plus de dépendance à l'égard d'un pays.

Et la connectivité doit être durable au niveau social. Un monde plus interconnecté c'est un monde avec plus d'opportunités économiques, plus de libertés, plus d'échanges entre nos peuples mais ce n'est pas nécessairement un monde avec plus de solidarité, ni plus de protection des travailleurs. Nous avons donc l'ardente obligation de veiller à ce que ce nouveau monde participe également au progrès social.

La connectivité telle que nous la concevons s'inscrit dans le respect et la défense de l'ordre international multilatéral et des règles qui le sous-tendent. Je dis souvent que l'Europe est ouverte mais non pas offerte. Nous veillerons toujours à faire en sorte que notre ouverture au monde soit réciproque, fondée sur des normes élevées de transparence et de bonne gouvernance et sur des conditions de concurrence équitables, y compris en matière de marchés publics, et garantissant l'égalité d'accès des entreprises tout en protégeant les droits de propriété intellectuelle.

Enfin, notre conception de la connectivité ne se réduit pas aux seules infrastructures, aux seuls réseaux de transport et connexions énergétiques et numériques, elle a aussi et surtout une importante dimension humaine faite d'échanges et de coopération dans les domaines de l'éducation, de la recherche et de l'innovation.

Et elle est ouverte à tous les pays, tous sont bienvenus, aucun pays n'en est exclu.

La connectivité est ainsi l'une de nos priorités dans nos relations avec nos amis des Balkans occidentaux. Nous avions décidé en 2015 de réserver 1 milliard d'euros d'ici à 2020 pour le cofinancement de projets d'infrastructures afin de développer les connexions entre eux et entre eux et nous. Nous avons déjà atteint 70% de cet objectif pour un total de 31 projets.

Il en va de même dans nos liens avec l'Afrique, notre continent cousin. J'ai proposé il y a peu une nouvelle Alliance entre l'Afrique et l'Europe pour des investissements et des emplois durables afin d'attirer de nouveaux investissements privés, notamment via notre Plan d'investissement extérieur. Cette Alliance - celle entre l'Afrique et l'Europe, une Alliance à partenariat égal - contribuera à créer 10 millions d'emplois en Afrique au cours des cinq années à venir, permettra à plus de 100 000 étudiants et universitaires de participer à notre programme Erasmus+ jusqu'à 2027 et fera en sorte que 24 millions d'Africains puissent se déplacer plus facilement et plus rapidement grâce à nos investissements dans les infrastructures de transports. Et j'ai l'espoir que, le jour venu, cette Alliance - celle entre l'Afrique et l'Europe - pourra aboutir à une véritable zone de libre-échange de continent à continent, entre l'Afrique et l'Europe, un véritable partenariat économique entre partenaires égaux.

C'est cette approche européenne de la connectivité qui fut aussi au cœur du dialogue Asie-Europe de l'année dernière. Notre message est clair : l'Union européenne veut s'engager davantage et renforcer la connectivité entre l'Asie et l'Europe dans des conditions mutuellement bénéfiques.

Parce que l'Asie et l'Europe, ensemble, ont un poids global considérable. Nous représentons à nous deux plus de 60% du PIB mondial, 55% du commerce mondial avec des échanges commerciaux annuels entre nos deux continents qui s'élèvent à 1 500 milliards d'euros. Mais les liens entre nos deux régions peuvent et doivent encore être renforcés par plus d'échanges commerciaux et d'investissements stratégiques dans les infrastructures.

Dans le domaine commercial, nous devons renforcer nos échanges sur le modèle des accords dits de « nouvelle génération » que nous avons conclus avec mos amis japonais, avec Singapour, et avec le Vietnam.

En matière de connectivité, nous voudrions connecter les réseaux transeuropéens de transport aux réseaux en Asie et, pour ce qui est du transport aérien, conclure les négociations en cours sur un accord de transport aérien avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est et sur des accords bilatéraux avec la Chine et le Japon tout en favorisant par ailleurs la conclusion d'accords internationaux sur la décarbonisation des transports, non seulement dans le secteur de l'aviation mais aussi dans celui du transport maritime. Interconnexion et décarbonisation sont au cœur de notre approche en matière de connectivité énergétique.

Par ailleurs, nous voudrions aussi développer les interconnexions de réseaux à haute capacité, qui sont essentielles à l'économie numérique, tout en garantissant leur sécurité et en protégeant les droits de nos concitoyens.

S'agissant des transports, de l'énergie, ou du numérique la connectivité vise avant tout à rapprocher les personnes. C'est la raison pour laquelle nous intensifierons également nos relations culturelles, y compris dans les domaines universitaires. Rapprocher les pays, rapprocher les continents passe par le rapprochement entre les jeunes de nos deux continents. Depuis 2015 quelque 40 000 étudiants et universitaires ont bénéficié d'échanges entre l'Asie et l'Europe. Cela peut sembler beaucoup mais ce n'est rien. Ça ne suffit pas, il faut davantage développer ces relations.

Messieurs les Premier ministres,

Mesdames et Messieurs,

Dans toutes ces dimensions, la relation entre l'Union européenne et le Japon est à maints égards exemplaire notamment grâce au leadership de Shinzō. Je me réjouis donc, de la conférence d'aujourd'hui bien sûr, et surtout de la signature tout à l'heure d'un nouveau partenariat entre l'Union européenne et le Japon sur la connectivité durable et les infrastructures de qualité.

Ce partenariat, qui vient renforcer notre coopération et nos liens d'amitié, va bien au-delà de notre relation bilatérale. Il s'agit aussi de ce que nous faisons déjà ensemble, aujourd'hui, et surtout de ce que nous pouvons faire encore davantage ensemble au niveau régional et au niveau multilatéral.

Pour conclure, Mesdames et Messieurs, je voudrais dire un mot sur ce qui constitue une préoccupation majeure pour nos concitoyens, qui sont parfois plus inquiets qu'enthousiastes face à ce monde de plus en plus interdépendant et interconnecté. Il est essentiel que nous leur montrions que nous ne sacrifierons jamais leur sécurité et le respect de leurs droits fondamentaux sur l'autel de la connectivité. Bien au contraire ! C'est la raison pour laquelle la Commission européenne a recommandé d'ouvrir des négociations avec le Japon sur un accord bilatéral concernant le transfert des données des dossiers passagers, PNR comme on dit en français. Cet accord viendra renforcer notre nouveau partenariat sur la connectivité durable, notamment en améliorant la sûreté du transport aérien, et j'espère qu'il pourra entrer en vigueur avant les Jeux olympiques de Tokyo.

Je remercie encore une fois mon ami Shinzō pour son soutien et vous tous pour participer à ce Forum. Et comme je me suis exprimé en français, et comme j'ai parlé de l'Afrique et de l'Asie, je ne voudrais pas manquer de rendre un hommage appuyé à celui qui fut l'ami à la fois de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie, le regretté Jacques Chirac.

Merci beaucoup.

SPEECH/19/5909


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